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L’emploi durable : une clé pour l’avenir de l’Europe

Emploi durable et création de richesses dans les territoires

La crise a mis en évidence deux tendances opposées : la première se focalise sur la réalisation de bénéfices à court terme et la seconde sur la production de richesses pour les territoires à long terme. L’emploi durable ne s’inscrit que dans cette dernière. En effet, l’emploi durable assure une redistribution locale de la richesse produite.. Au préalable, pour parvenir à une production de richesse, l’emploi durable implique également des entreprises économiquement, socialement et environne mentalement durables. Il s’agit d’entreprises avec une stratégie d’anticipation et de prévoyance, qui favorisent des taux de rentabilité qui ne mettent pas en danger leur expansion à long terme. Les entreprises qui développent une telle stratégie sont celles qui sont les mieux armées pour contribuer à la richesse globale des territoires dans lesquels elles sont implantées.

Promouvoir l’emploi durable est également une des manières fondamentales d’empêcher et de lutter contre la pauvreté et l’exclusion. En effet, la pauvreté est de plus en plus une conséquence du chômage et des formes précaires d’emploi. L’augmentation de la pauvreté sur un territoire ou dans un État-nation a également un impact sur la richesse produite à long terme.

Emploi durable et économie basée sur la connaissance

Afin d’être économiquement durable, les entreprises doivent investir dans la connaissance. Ainsi, une entreprise basée sur la connaissance doit s’engager dans le développement des ressources humaines pour pouvoir développer une vision stratégique innovante et faire face à l’inattendu. C’est, par définition, un investissement à long terme, considérant le temps qu’il a fallu pour amener les travailleurs à un tel niveau de formation. Cet investissement permettra ensuite d’appliquer la connaissance acquise à l’organisation interne, aux processus et aux produits de l’entreprise et de former de nouvelles personnes qui posséderont à leur tour une telle connaissance. Cette stratégie nécessite des cycles de travail suffisamment longs, avec toutes les conditions matérielles nécessaires (rémunération, relation contractuelle, environnement, lieu de travail, etc.), pour que ce processus puisse être efficace et pour permettre aux travailleurs de se réaliser et d’être mobiles au sein de l’entreprise.

Tandis que ce raisonnement apparaît évident pour les cadres hautement qualifiés et le personnel technique, il peut aussi s’appliquer aux emplois moins qualifiés si l’on considère l’importance d’une connaissance commune et l’effort des travailleurs pour construire ensemble une dynamique de confiance.

La crise économique actuelle a eu - et a encore - un impact très important sur l’emploi en Europe. Les mesures adoptées récemment au niveau de l’Union européenne (stratégie EU 2020, les lignes directrices pour l’emploi) ne semblent pas apporter des réponses adéquates pour lutter contre les réductions de travail massives et le taux de chômage croissant. Les lignes directrices pour l’emploi [1] promeuvent la flexicurité et des contrats flexibles comme solutions pour surmonter les conséquences de la crise. En même temps, il est demandé aux États membres de s’attaquer à la segmentation du marché du travail résultant des emplois précaires et du sous-emploi. Sans être défini dans la Communication de la Commission européenne, l’emploi précaire y est décrit tel un concept, tandis que la notion de "qualité de l’emploi" se limite aux bas salaires et à une sécurité sociale adéquate. Les orientations pour les entreprises sont pratiquement inexistantes : on ne fait référence à ces dernières que lorsqu’il s’agit de formation et d’anticipation des besoins de compétences. Quant à l’économie sociale (à savoir la partie de l’économie impliquant des coopératives, les mutuelles, les associations et les fondations) n’est mentionnée que comme une solution pour la réinsertion de groupes vulnérables.

Emploi durable et compétitivité de l’Europe

D’un point de vue macro-économique, l’Europe a besoin d’vision entrepreneuriale basée sur la valeur ajoutée, la richesse à long terme et l’emploi durable afin de faire face à la concurrence mondiale. Au contraire, les suppressions d’emplois entraînent une perte de compétences, détruisant ainsi d’un seul coup des années d’investissements effectués par les entreprises, les territoires et l’état. Le chômage entraîne aussi une récession de la consommation. Ainsi, un emploi durable dans des organisations économiques durables devrait être reconnu comme une composante fondamentale pour la cohésion sociale et un avenir brillant pour l’Europe.

Emploi durable et mobilité de travail

L’emploi durable et mobilité ne sont pas deux concepts antagonistes. La possibilité pour un individu de changer d’emploi apporte une valeur supplémentaire au choix de s’investir personnellement dans l’organisation économique.

Les mesures d’aide pour un emploi durable

L’emploi durable ne peut pas être exclusivement géré au niveau micro de l’entreprise. Il exige aussi des mécanismes de niveau meso et des politiques territoriales pour assurer la coordination, des mesures compensatoires en période de crise ou en cas de restructuration ainsi qu’une stratégie prévisionnelle globale.

Les coopératives et l’emploi durable

Le modèle coopératif promeut l’emploi durable dans des entreprises durables ce qui permet également de favoriser le développement local et la cohésion sociale. Les coopératives sont détenues et contrôlées par les propriétaires parties-prenantes, activement présents sur le territoire. Leur objectif est de satisfaire les aspirations et besoins économiques, sociaux, culturels et/ou environnementaux de leurs membres.

Parmi celles-ci on trouve les coopératives de travail associé et les coopératives sociales - et d’autres types d’entreprises détenues par leurs travailleurs. Elles appartiennent aux travailleurs de l’entreprise et sont contrôlées par ceux-ci. La résistance de ces entreprises à la crise actuelle, voir notre étude [2], est un bon indicateur de leur capacité à maintenir leurs activités économiques et leurs emplois. Dans le court terme, leur gouvernance et leur modèle économique leur permettent de prendre rapidement des décisions telles que la non-redistribution des excédents aux travailleurs-membres, des réductions de coût ou même la restructuration quand cela s’avère nécessaire. Dans des groupements plus complexes (ex : consortia), les travailleurs peuvent être redéployés temporairement d’une entreprise à une autre et être reconvertis, sans interrompre leurs épargne pension.

À plus long terme, ces entreprises peuvent souvent générer une intelligence commune pour investir dans l’innovation et anticiper des solutions appropriées pour l’avenir. Ce processus est renforcé par l’assistance que fournit le réseau d’entreprises, les organismes consultatifs, les systèmes de formation, les banques et institutions financières non-bancaires, les consortia et les groupes, les fédérations représentatives et les organisations sociales, qui contribuent à la durabilité à long terme des entreprises et de leurs lieux d’implantation.

[1] COM(2010) 193/3

[2] Voir http://www.cicopa.coop/L-impact-de-...

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Qu'est-ce qu'une coopérative

Les coopératives: une solution d’emploi durable !

Une coopérative est une association autonome de personnes volontairement réunies pour satisfaire leurs aspirations et besoins économiques, sociaux et culturels communs au moyen d'une entreprise dont la propriété est collective et où le pouvoir est exercé démocratiquement.

Les entreprises représentées par CECOP sont des entreprises par lesquelles des travailleurs se réunissent pour satisfaire leurs besoins en termes de création et de maintien d’emploi durable, au moyen d’entreprises industrielles ou de services enracinées dans les territoires et orientées dans une stratégie à long-terme. Elles constituent une véritable solution d’emploi durable en Europe: celles-ci se composent de coopératives de travail associé, coopératives sociales et d’autres types d’entreprises détenues par leurs travailleurs.

Les coopératives de travail associé: Les coopératives de travail associé sont des entreprises qui évoluent avec les mêmes contraintes de concurrence, gestion et de rentabilité que toute entreprise. Leur originalité : les travailleurs sont associés majoritaires de l'entreprise dont ils détiennent au moins 51% du capital. En étant associés majoritaires de la coopérative, les travailleurs décident ensemble des grandes orientations de leur entreprise et désignent leurs dirigeants (gérant, conseil d'administration, etc.). Ils décident également du partage des bénéfices qui ont une double vocation : privilégier ceux qui travaillent dans l'entreprise, sous forme de ristournes basées sur le travail effectué, et consolider l’entreprises en pensant aux générations futures par la constitution de réserves qui consolident les fonds propres et garantissent la pérennité de l'entreprise. Comme dans toute coopérative, le contrôle démocratique interne à l’entreprise est basé sur le principe " une personne = une voix ", quel que soit le montant du capital détenu.

Enfin, l'esprit coopératif favorise l'information et la formation des salariés, condition nécessaire pour acquérir l'autonomie, la motivation et l'esprit de responsabilité que requiert un monde économique devenu incertain (source : www.scop.coop).

Les coopératives sociales : Les coopératives sociales sont spécialisées dans la fourniture de services sociaux ou dans la réinsertion par le travail d’ouvriers désavantagés et marginalisés (personnes handicapées, chômeurs de longue durée, ex-prisonniers, personnes souffrant d’addictions, etc.). Elles sont notamment très présentes en Italie, mais se développent également dans les autres pays de l’UE. Elles aussi sont majoritairement détenues par les travailleurs, tout en rendant possible ou obligatoire (selon les législations nationales) la présence d’autres types d’associés (usagers, volontaires etc).

Les autres types d’entreprises détenues par leurs travailleurs : Il existe d’autres typologies d’entreprises détenues par leurs travailleurs. C’est le cas par exemple des Sociétés de Travailleurs en Espagne (en espagnol Sociedades Laborales) qui sont un moteur important d’activités économiques et sociales ayant contribué à la diminution du chômage et au retour d’une croissance soutenue en Espagne.