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Bâtir l’égalité des genres par le biais des coopératives

Le 8 mars dernier, on commémorait le centenaire de la journée internationale des femmes. Pour marquer cet évènement, Travailler Ensemble revient sur le rôle crucial des femmes dans les coopératives de travail associé.

Malgré les signes de progrès constatés en matière d’égalité des genres au cours de ces 15 dernières années, le Bureau International du Travail (BIT), constate qu’il existe toujours un écart significatif entre les hommes et les femmes en terme d’offres d’emploi et de qualité de celui-ci. En revanche, les femmes ont toujours été présentes en nombre dans les coopératives de travail associé parce que ce modèle économique combine viabilité économique et responsabilité sociale. La coopérative de femmes d’agrotourisme « To Kastr »’, en est un exemple. Depuis 2000, Anna Darzenta et 27 femmes au foyer se sont associées pour lancer leur propre entreprise de restauration dans l’île grecque de Syros où l’on note un fort taux de chômage. Le programme EQUAL pour les entrepreneurs féminins, financé par le Fonds social européen, les a aidées.

« Avec une éthique égalitaire, une prise de décisions participative, la copropriété et la poursuite d’objectifs qui vont au-delà du profit, les coopératives offrent des opportunités aux femmes dans les économies locales et dans les sociétés du monde entier », a déclaré le secrétaire général de L’ONU Ban Ki-moon à l’occasion de la journée internationale des coopératives de l’an passé, dont le slogan était ’Les entreprises coopératives responsabilisent les femmes’. Au sujet de l’égalité des genres, il souligne aussi que l’approche coopérative est non seulement un modèle économiquement durable, mais aussi un système entrepreneurial dans lequel on trouve des indicateurs d’égalité entre hommes et femmes plus importants que dans les autres types d’entreprises. Selon la confédération espagnole des coopératives de travail associé (COCETA), 49 % des personnes employées dans les coopératives de travail associé sont des femmes. Parmi celles-ci, 39 % occupent des postes de direction, alors que dans d’autres entreprises qui n’adoptent pas ce modèle, le pourcentage de femmes qui exercent cette fonction atteint à peine 6 %.

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En Italie, selon ANCPL-LEGACOOP, la présence des femmes dans les coopératives de travail associé dans l’industrie de la mode atteint 95 %. La coopérative ’CAPA de Stienta’ (Rovigo), en est un exemple significatif : elle réunit une centaine de travailleuses, presque toutes membres, et est la principale productrice de la gamme Dolce & Gabbana, générant un chiffre d’affaires annuel de plus de trois millions d’euros. Dans d’autres secteurs où les femmes sont moins nombreuses, comme la métallurgie, l’industrie chimique et la papeterie, on constate que 20 % des femmes occupent un poste de direction. De plus, au cours de ces six dernières années la présence féminine dans le secteur industriel a augmenté de manière significative tant du point de vue qualitatif que quantitatif.

La New Zealand China Friendship Society (NZCFS) et le Comité International pour la Promotion des Coopératives Industrielles de Chine (ICCIC), ont lancé un projet avec la fédération des femmes de la province de Shaanxi, pour encourager la présence des femmes chinoises dans les coopératives. La première phase de formation est terminée et le vice-président d’ICCIC, Dave Bromwich, indique que « les coopératives donnent aux femmes une opportunité d’exercer un rôle de dirigeant et les aident à développer leur confiance en elles ».

Tandis que l’économie mondiale fait face à des défis difficiles, les coopératives fournissent un service de valeur à de nombreuses femmes, particulièrement à celles des communautés vulnérables. Le modèle économique coopératif est plus résistant en situation de crise que les entreprises capitalistes en raison même du fait que les travailleurs sont propriétaires de l’entreprise et que ce modèle prévaut sur le capital individuel puisque les profits sont partagés dans une approche collective.

par Leire Luengo pour Work Together

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Qu'est-ce qu'une coopérative

Les coopératives: une solution d’emploi durable !

Une coopérative est une association autonome de personnes volontairement réunies pour satisfaire leurs aspirations et besoins économiques, sociaux et culturels communs au moyen d'une entreprise dont la propriété est collective et où le pouvoir est exercé démocratiquement.

Les entreprises représentées par CECOP sont des entreprises par lesquelles des travailleurs se réunissent pour satisfaire leurs besoins en termes de création et de maintien d’emploi durable, au moyen d’entreprises industrielles ou de services enracinées dans les territoires et orientées dans une stratégie à long-terme. Elles constituent une véritable solution d’emploi durable en Europe: celles-ci se composent de coopératives de travail associé, coopératives sociales et d’autres types d’entreprises détenues par leurs travailleurs.

Les coopératives de travail associé: Les coopératives de travail associé sont des entreprises qui évoluent avec les mêmes contraintes de concurrence, gestion et de rentabilité que toute entreprise. Leur originalité : les travailleurs sont associés majoritaires de l'entreprise dont ils détiennent au moins 51% du capital. En étant associés majoritaires de la coopérative, les travailleurs décident ensemble des grandes orientations de leur entreprise et désignent leurs dirigeants (gérant, conseil d'administration, etc.). Ils décident également du partage des bénéfices qui ont une double vocation : privilégier ceux qui travaillent dans l'entreprise, sous forme de ristournes basées sur le travail effectué, et consolider l’entreprises en pensant aux générations futures par la constitution de réserves qui consolident les fonds propres et garantissent la pérennité de l'entreprise. Comme dans toute coopérative, le contrôle démocratique interne à l’entreprise est basé sur le principe " une personne = une voix ", quel que soit le montant du capital détenu.

Enfin, l'esprit coopératif favorise l'information et la formation des salariés, condition nécessaire pour acquérir l'autonomie, la motivation et l'esprit de responsabilité que requiert un monde économique devenu incertain (source : www.scop.coop).

Les coopératives sociales : Les coopératives sociales sont spécialisées dans la fourniture de services sociaux ou dans la réinsertion par le travail d’ouvriers désavantagés et marginalisés (personnes handicapées, chômeurs de longue durée, ex-prisonniers, personnes souffrant d’addictions, etc.). Elles sont notamment très présentes en Italie, mais se développent également dans les autres pays de l’UE. Elles aussi sont majoritairement détenues par les travailleurs, tout en rendant possible ou obligatoire (selon les législations nationales) la présence d’autres types d’associés (usagers, volontaires etc).

Les autres types d’entreprises détenues par leurs travailleurs : Il existe d’autres typologies d’entreprises détenues par leurs travailleurs. C’est le cas par exemple des Sociétés de Travailleurs en Espagne (en espagnol Sociedades Laborales) qui sont un moteur important d’activités économiques et sociales ayant contribué à la diminution du chômage et au retour d’une croissance soutenue en Espagne.